Vous venez d’envoyer votre campagne emailing. Les statistiques commencent à tomber et là, surprise : une partie de vos emails n’est jamais arrivée à destination. Le rapport affiche des « bounces », des rebonds. Certains sont qualifiés de « hard », d’autres de « soft ». Et vous vous demandez ce que cela signifie concrètement pour vos prochains envois.
Ces rebonds ne sont pas qu’une ligne dans vos statistiques. Ils racontent quelque chose sur la santé de votre base de contacts et sur la perception que les fournisseurs de messagerie ont de vous en tant qu’expéditeur. Comprendre la différence entre hard bounce et soft bounce, c’est se donner les moyens d’agir avant que votre délivrabilité ne se dégrade durablement.
Hard bounce : quand l’email est définitivement rejeté
Un hard bounce, c’est un rejet permanent. Votre email n’arrivera jamais à cette adresse, peu importe le nombre de tentatives. Le serveur de réception a répondu de manière catégorique : cette adresse n’existe pas ou n’est plus accessible.
Les serveurs de messagerie communiquent entre eux via des codes de réponse. Un hard bounce se traduit généralement par un code de type 5XX, qui signifie une erreur définitive. Le serveur destinataire refuse de prendre en charge le message et ne reviendra pas sur sa décision.
Plusieurs situations provoquent un hard bounce. L’adresse email contient une faute de frappe, c’est plus fréquent qu’on ne le pense. Le compte a été supprimé par son propriétaire ou par le fournisseur de messagerie après une longue période d’inactivité. Le nom de domaine n’existe plus ou a été désactivé. Dans certains cas, le serveur de réception bloque définitivement votre domaine ou votre adresse IP car il vous considère comme indésirable.
L’échec d’authentification peut également générer un hard bounce. Si vos enregistrements SPF, DKIM ou DMARC sont mal configurés, certains serveurs refuseront catégoriquement vos emails. Ce problème technique est devenu plus fréquent depuis que Gmail et Yahoo ont renforcé leurs exigences en février 2024.
Soft bounce : un problème temporaire qui peut se résoudre
Le soft bounce est différent. L’adresse existe bien, le serveur l’a reconnue, mais le message n’a pas pu être délivré cette fois-ci. C’est un échec temporaire.
Les codes de réponse des soft bounces sont généralement de type 4XX. Le serveur indique qu’il ne peut pas traiter la demande maintenant, mais qu’une nouvelle tentative ultérieure pourrait aboutir.
La boîte de réception du destinataire est pleine. C’est un classique, surtout quand quelqu’un part en vacances sans avoir configuré de réponse automatique. Les emails s’accumulent jusqu’à saturation. Le serveur de messagerie du destinataire rencontre un problème technique temporaire ou est en maintenance. Votre email est trop volumineux et dépasse les limites acceptées par le serveur. Le contenu de votre message a déclenché un filtre anti-spam, mais le serveur vous laisse une chance de corriger le tir.
La plupart des plateformes emailing effectuent automatiquement plusieurs tentatives d’envoi lorsqu’elles reçoivent un soft bounce. Si après plusieurs essais, généralement entre trois et cinq, le message n’aboutit toujours pas, l’adresse est alors traitée comme un hard bounce.
La différence fondamentale entre les deux types de rebonds
La distinction est simple mais ses conséquences sont importantes. Un hard bounce signifie que l’adresse est définitivement inutilisable. Un soft bounce indique un problème ponctuel qui peut disparaître.
| Caractéristique | Hard bounce | Soft bounce |
|---|---|---|
| Nature du problème | Permanent | Temporaire |
| Possibilité de récupération | Aucune | Possible après résolution |
| Action recommandée | Suppression immédiate | Surveillance et nouvelles tentatives |
| Impact sur la réputation | Fort et immédiat | Modéré si récurrent |
Dans vos rapports de campagne, les deux types de bounces sont généralement distingués. Cette séparation vous permet d’adopter la bonne stratégie pour chaque catégorie. Supprimer un hard bounce est une évidence. Pour un soft bounce, la décision dépend de sa récurrence.
Pourquoi les bounces détériorent votre réputation d’expéditeur
Les fournisseurs de messagerie surveillent de près le comportement des expéditeurs. Chaque campagne que vous envoyez contribue à construire votre réputation. Un taux de bounce élevé envoie un signal négatif : vous ne maintenez pas correctement votre base de contacts.
Selon le rapport Validity Email Deliverability Benchmark 2024, environ un email sur six n’atteint jamais la boîte de réception de son destinataire. Le taux de placement inbox global se situe autour de 84%. Les bounces contribuent directement à cette déperdition.
Gmail a d’ailleurs durci ses politiques au cours de l’année 2024. Le taux de placement inbox sur Gmail est passé de 89,8% en début d’année à 87,2% au quatrième trimestre, suite à l’application des nouvelles exigences pour les expéditeurs de masse.
Au-delà de 2% de taux de bounce sur une campagne, votre délivrabilité commence à se dégrader. Les filtres anti-spam des fournisseurs d’accès internet prennent en compte ce taux pour décider s’ils acceptent vos prochains envois. Une proportion élevée de hard bounces peut conduire les serveurs à considérer vos messages comme du spam. Et une fois cette étiquette collée, il est difficile de s’en défaire.
Les taux de bounce varient selon votre secteur d’activité
Tous les secteurs ne sont pas égaux face aux bounces. Les données Mailchimp de décembre 2023, basées sur l’analyse de milliards d’emails, révèlent des écarts significatifs.
Le secteur de la construction affiche le taux de hard bounce le plus élevé avec 1,28%. À l’opposé, les sites de coupons et de bons plans atteignent seulement 0,13%. Le e-commerce se situe à 0,57%, le voyage et transport à 1,02%.
Ces différences s’expliquent en partie par les pratiques de collecte d’adresses. Certains secteurs récupèrent des contacts via des formulaires en ligne bien conçus avec double opt-in. D’autres accumulent des adresses depuis des années sans jamais faire le ménage. La qualité de la base se reflète directement dans le taux de bounce.
Le secteur B-to-B présente généralement des taux légèrement supérieurs au B2C. Les adresses professionnelles changent plus souvent : départs, changements de poste, fusions d’entreprises. Une adresse valide il y a six mois peut très bien avoir disparu depuis.
Les bonnes pratiques pour réduire vos bounces
Supprimer immédiatement les hard bounces de vos listes est non négociable. Continuer à envoyer des emails à des adresses qui n’existent plus dégrade votre réputation sans aucun bénéfice possible. Votre plateforme emailing devrait gérer cela automatiquement, mais vérifiez régulièrement que c’est bien le cas.
Pour les soft bounces, adoptez une approche différenciée. Un soft bounce isolé n’est pas dramatique. En revanche, si une adresse génère des soft bounces sur trois ou quatre campagnes consécutives, il est temps de la considérer comme un hard bounce et de la retirer de votre liste.
Le double opt-in reste le meilleur rempart contre les bounces. En demandant à chaque nouveau contact de confirmer son inscription via un email de validation, vous éliminez les fautes de frappe et les inscriptions fantaisistes. Oui, vous perdez quelques contacts qui ne confirmeront pas. Mais ceux qui restent sont de vraie qualité.
Validez les adresses email dès la collecte. Des outils de vérification en temps réel peuvent détecter les erreurs de syntaxe, les domaines inexistants ou les adresses jetables avant même qu’elles n’entrent dans votre base. C’est un investissement qui se rentabilise rapidement.
Nettoyer votre base email régulièrement devrait faire partie de votre routine. Une fois par trimestre au minimum pour les bases actives. Les adresses qui n’ouvrent jamais vos emails depuis plus d’un an méritent une campagne de réengagement. Si elles ne réagissent toujours pas, supprimez-les.
La configuration technique de votre domaine d’envoi n’est plus optionnelle. SPF, DKIM et DMARC doivent être correctement paramétrés. Depuis février 2024, Gmail et Yahoo exigent ces authentifications pour les expéditeurs de plus de 5000 emails par jour. Même en dessous de ce seuil, une bonne configuration améliore votre délivrabilité.
Maintenir une base saine : un investissement rentable
La gestion des bounces n’est pas une contrainte administrative. C’est un levier de performance pour vos campagnes emailing.
Une base propre, c’est un meilleur taux de délivrabilité. Un meilleur taux de délivrabilité, c’est plus de destinataires qui reçoivent effectivement vos messages. Et plus de messages reçus, c’est mécaniquement plus d’ouvertures, plus de clics, plus de conversions.
Les plateformes emailing facturent généralement au nombre de contacts ou au volume d’envoi. Conserver des adresses invalides dans votre base, c’est payer pour rien. Pire, c’est payer pour dégrader votre réputation.
L’hygiène de liste n’est pas un sujet excitant. Personne ne se lève le matin en se disant qu’il va passer une excellente journée à nettoyer sa base de contacts. Mais c’est ce travail de fond qui fait la différence entre une délivrabilité moyenne et une délivrabilité excellente. Entre des campagnes qui arrivent en boîte de réception et des campagnes qui finissent en spam.
Questions fréquentes sur les bounces
QUEL TAUX DE BOUNCE EST ACCEPTABLE POUR UNE CAMPAGNE EMAILING ?
Un taux de bounce inférieur à 2% est considéré comme acceptable. En dessous de 1%, votre base est en excellente santé. Au-delà de 2%, il est temps d’investiguer et de nettoyer votre liste de contacts pour éviter des problèmes de délivrabilité.
FAUT-IL SUPPRIMER UN CONTACT APRÈS UN SEUL SOFT BOUNCE ?
Non, un soft bounce isolé ne justifie pas une suppression. Attendez de voir si le problème se répète. Après trois à cinq soft bounces consécutifs sur différentes campagnes, vous pouvez considérer l’adresse comme un hard bounce et la retirer.
COMMENT SAVOIR SI MON TAUX DE BOUNCE EST DÛ À UN PROBLÈME TECHNIQUE ?
Si votre taux de bounce augmente brutalement sur une campagne alors qu’il était stable auparavant, vérifiez d’abord votre configuration technique. Un problème d’authentification SPF ou DKIM peut provoquer des rejets massifs. Consultez les codes d’erreur détaillés dans les rapports de votre plateforme.
LE DOUBLE OPT-IN RÉDUIT-IL VRAIMENT LES BOUNCES ?
Le double opt-in élimine quasiment tous les hard bounces liés aux erreurs de saisie et aux fausses adresses. C’est la méthode la plus efficace pour garantir que chaque adresse de votre base est valide et appartient bien à quelqu’un qui souhaite recevoir vos communications.
À QUELLE FRÉQUENCE FAUT-IL NETTOYER SA BASE DE CONTACTS ?
Un nettoyage trimestriel est un minimum pour une base active. Si vous envoyez des campagnes très fréquentes ou si votre base évolue rapidement, un contrôle mensuel est préférable. Pensez aussi à nettoyer avant chaque campagne importante.
LES BOUNCES AFFECTENT-ILS MA RÉPUTATION DE MANIÈRE PERMANENTE ?
Non, la réputation d’expéditeur se construit sur la durée. Quelques campagnes avec un taux de bounce élevé peuvent temporairement dégrader votre score, mais une amélioration de vos pratiques permet de le remonter progressivement. La constance dans l’hygiène de liste est la clé.
POURQUOI MES EMAILS REBONDISSENT-ILS SUR DES ADRESSES QUI FONCTIONNAIENT AVANT ?
Les adresses professionnelles ont une durée de vie limitée. Un collaborateur qui quitte une entreprise voit souvent son adresse supprimée. Les comptes personnels inactifs peuvent aussi être fermés par les fournisseurs de messagerie. C’est pourquoi le nettoyage régulier de votre base est indispensable.







