Quand on refond l’interface d’une plateforme d’emailing B2B utilisée au quotidien par des professionnels, la tentation est grande de suivre les tendances. Tout arrondir, tout aplatir, tout blanchir. Comme l’ont fait beaucoup de SaaS ces dernières années, en confondant minimalisme et absence de personnalité.
Nous avons fait un choix différent.
La dernière version d’Ediware ne ressemble pas à ce que vous voyez partout. C’est voulu. Voici les partis pris visuels qui ont guidé cette refonte, et pourquoi chacun d’entre eux existe pour une raison précise.
En bref : Ediware adopte une identité visuelle qui assume la densité fonctionnelle d’un outil professionnel. Coins carrés néo-brutalistes, gradients tactiles, palette sémantique avec violet pour l’IA et icônes outlined. Chaque choix répond à un besoin d’efficacité, pas de décoration.
La densité maîtrisée, pas le vide à la mode
Ediware n’est pas un outil qu’on découvre une fois par mois. C’est un outil dans lequel on vit. Email, SMS, dépôts de messages vocaux sur messagerie mobile : la richesse fonctionnelle est un atout, pas un problème à masquer. Et quand vos équipes passent plusieurs heures par jour dans une interface, chaque pixel compte.
L’architecture en trois colonnes, navigation, contenu, paramètres, offre un accès simultané à toutes les dimensions d’une campagne sans navigation superflue. Tout est là, à sa place, visible. Pas de menus enfouis, pas de clics inutiles pour atteindre un réglage. C’est le cœur de notre plateforme emailing : donner accès à tout, sans obliger à tout chercher.
Selon une étude Pentagram de 2024, 63 % des utilisateurs de SaaS ne distinguent plus les interfaces les unes des autres. Le « lazy minimalism », comme le nomment les designers, a créé un web où tout se ressemble. Des coins arrondis partout, des ombres douces, des couleurs pastel, les mêmes composants déclinés à l’infini. Nous avons pris le parti inverse. La densité informationnelle bien organisée est un confort. Pas un défaut.
Des boutons entre néo-brutalisme et Neumorphism 2.0
Les boutons reposent sur deux choix forts.
Premier choix : des coins carrés, border-radius à 0 pixel. C’est le langage du mouvement néo-brutaliste qui rejette le « tout arrondi » dominant le design UI depuis 2019. Gumroad, shadcn/ui et toute une génération de produits tech ont adopté cette esthétique. Le Nielsen Norman Group la définit comme « un courant visuel à hauts contrastes, mises en page en blocs et éléments volontairement bruts ». Ce que nous y voyons, c’est avant tout la franchise. La clarté plutôt que la douceur décorative.
Second choix : des fonds en gradient subtil à 135°, dans l’esprit du Neumorphism 2.0. Ce courant répond à la fatigue du flat design en réintroduisant de la profondeur tactile, sans tomber dans le skeuomorphisme des années 2010. Chaque bouton a un léger volume, un relief discret qui le rend tangible à l’œil. On clique sur quelque chose qui a l’air d’exister.
Ce ne sont pas des choix accidentels. C’est la synthèse de deux courants contemporains qui se complètent : la rigueur géométrique du brutalisme et la matérialité subtile du néo-morphisme. Pas rétro, pas avant-gardiste pour le plaisir. Juste cohérent.
Une palette qui parle le langage des utilisateurs
La palette couleur repose sur le système Bootstrap modernisé, enrichi de couleurs sémantiques propres à notre secteur.
Le bleu porte les actions primaires et l’identité de marque. Le gris accompagne les actions secondaires et neutres. Le vert valide, le rouge alerte. Deux conventions universelles que tout utilisateur comprend sans y penser.
Deux ajouts ciblés viennent compléter ce socle. Le violet, d’abord, pour signaler les fonctionnalités d’intelligence artificielle. Ce n’est pas un caprice esthétique : Google Gemini, Notion AI, Microsoft Copilot et GitHub Copilot ont tous adopté ce code couleur depuis 2023. Le violet est devenu la convention sectorielle pour dire « ici, l’IA travaille pour vous ». Nous l’avons intégrée parce que nos utilisateurs la reconnaissent déjà.
L’orange, ensuite, réservé à l’éditeur basique. Il distingue les actions d’édition principales des actions d’import et d’aperçu traitées en gris. Un repère visuel immédiat pour ceux qui passent du temps dans l’expérience utilisateur de conception d’emails.
L’interface joue aussi sur deux types de composants distincts : des badges au format pill avec coins arrondis pour la toolbar d’édition, et des boutons au format carré avec gradient pour les actions de formulaire. Cette distinction sépare visuellement deux familles d’interactions. Les badges indiquent un mode. Les boutons déclenchent une action.
Font Awesome line : la cohérence sans le bruit
Le choix de Font Awesome en style line (outlined) s’inscrit dans la continuité des systèmes d’icônes de référence actuels. Lucide, Phosphor, Heroicons : tous privilégient le trait fin pour les interfaces professionnelles.
Le style outlined offre une meilleure lisibilité à petite taille, un poids visuel homogène sur toute l’interface et une élégance discrète qui ne concurrence pas le contenu. Apple utilise ce pattern depuis iOS pour distinguer les états actifs des états inactifs. Nous l’appliquons de la sidebar aux formulaires, avec un set cohérent sur l’ensemble de la plateforme.
Le résultat : une interface où l’œil se pose sur le contenu, pas sur la décoration. Quand vous cherchez le bouton « Envoyer » ou le menu d’import, l’icône vous guide sans détourner votre attention. C’est exactement ce qu’on attend d’une iconographie professionnelle.
Conçu pour ceux qui travaillent
Cette identité visuelle ne cherche pas à impressionner sur Dribbble. Elle ne vise pas le prix du plus beau screenshot. Elle cherche à servir des professionnels qui passent des heures à configurer, tester et envoyer des campagnes.
Chaque choix, la densité assumée, les coins carrés, les gradients fonctionnels, la palette sémantique, répond à un besoin d’efficacité. Pas de décoration superflue, pas de tendance suivie par conformisme. Et si le résultat plaît aussi visuellement, tant mieux. Mais ce n’était pas l’objectif premier.
C’est un outil qui assume ce qu’il est : un outil.