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Taux de délivrabilité : comment le mesurer et l'améliorer
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- Taux de délivrabilité : définition et formule de calcul
- Délivrabilité et inbox placement : deux taux qu’on confond
- Comment mesurer votre taux de délivrabilité, outil par outil
- Ce qui fait chuter le taux, surtout en B2B
- Plan d’action : remonter un taux de 80 % vers 99 %
- Questions fréquentes sur le taux de délivrabilité
En bref : Le taux de délivrabilité affiché par votre plateforme compte les emails acceptés par les serveurs, pas ceux qui arrivent en boîte de réception. Formule de calcul, écart avec l’inbox placement, outils de mesure et plan d’action pour remonter un taux qui décroche.
Une campagne affiche 98 % de délivrabilité. Le chiffre rassure, et il est souvent exact. Il ne dit pourtant pas ce que la plupart des marketeurs croient lire : que 98 % des destinataires ont trouvé le message dans leur boîte de réception.
Ce chiffre répond à une question plus étroite. Le serveur du destinataire a-t-il accepté le message ? Ce qui se passe ensuite, boîte de réception, dossier spam ou quarantaine d’entreprise, lui échappe complètement. EmailToolTester, qui teste chaque année les grandes plateformes emailing, mesurait en 2026 une moyenne de 83,1 % d’emails arrivés en boîte de réception, 10,5 % classés en spam et 6,4 % tout simplement introuvables. Entre le taux affiché et le taux réel, il y a donc un angle mort. Voici comment le mesurer, puis comment le réduire.
Taux de délivrabilité : définition et formule de calcul
Le taux de délivrabilité, tel que les plateformes le calculent, rapporte le nombre d’emails acceptés par les serveurs destinataires au nombre d’emails envoyés.
Taux de délivrabilité = (emails envoyés − rebonds) ÷ emails envoyés × 100
Prenons 10 000 envois. 180 adresses n’existent plus, 120 messages restent refusés après toutes les tentatives de relance. Le calcul donne 9 700 emails acceptés, soit 97 %.
Le vocabulaire flotte d’un outil à l’autre. Certains parlent de taux de délivrance, d’autres de taux d’aboutissement, et c’est d’ailleurs le terme le plus juste. Si la notion elle-même vous paraît floue, notre définition de la délivrabilité remet les bases à plat. Ici, on s’intéresse au calcul et à ce qu’il cache.
Hard bounces, soft bounces : ce que la formule doit exclure
Les concurrents qui publient cette formule tranchent rarement une question pourtant simple : quels rebonds retirer ?
Le hard bounce ne pose aucun problème. Adresse inexistante, domaine disparu : le serveur répond par un code de la famille 5xx, défini par la RFC 5321 comme un échec permanent, souvent précisé par un code étendu du type 5.1.1 (utilisateur inconnu). Ce message ne sera jamais délivré et sort du calcul.
Le soft bounce est plus piégeux. Un code 4xx signale un échec temporaire, boîte pleine ou serveur saturé, et la plateforme retente l’envoi. Si vous calculez votre taux dix minutes après le départ de la campagne, vous comptez comme perdus des messages qui passeront une heure plus tard. Calculez donc le taux une fois les relances terminées, et gardez toujours la même règle d’une campagne à l’autre. Sinon la comparaison ne vaut rien.
Délivrabilité et inbox placement : deux taux qu’on confond
Le taux d’inbox placement mesure autre chose : la part des messages qui atteignent réellement la boîte de réception, par opposition au dossier spam ou aux indésirables.
| Taux de délivrabilité | Taux d’inbox placement | |
|---|---|---|
| Question posée | Le serveur a-t-il accepté le message ? | Le destinataire le voit-il dans sa boîte de réception ? |
| Source de la donnée | Réponses SMTP reçues par votre plateforme | Tests sur adresses témoins, panels, outils des messageries |
| Précision | Exacte, message par message | Estimée, sur un échantillon |
| Valeur typique d’une base saine | Proche de 100 % | Nettement plus bas, et variable selon la messagerie |
L’écart entre les deux est loin d’être anecdotique. Le benchmark 2025 de Validity situe l’inbox placement moyen autour de 85 %, ce qui laisse environ un email légitime sur six hors de la boîte de réception. Et ces messages-là figurent tous dans votre taux de délivrabilité, puisque les serveurs les ont acceptés avant de les classer.
Retenez une conséquence pratique : un taux de délivrabilité élevé est une condition nécessaire, jamais une preuve. Quand un outil vous annonce un taux, vérifiez aussi sa base de calcul. Certains rapportent l’inbox placement aux emails envoyés, d’autres aux emails délivrés, et deux chiffres de 90 % peuvent ne pas parler de la même chose.
Comment mesurer votre taux de délivrabilité, outil par outil
Aucun outil ne donne seul la vérité. Chacun éclaire une portion du trajet, et c’est leur recoupement qui vaut diagnostic.
Les rebonds et les codes SMTP de votre plateforme
C’est la mesure la plus fiable, parce qu’elle repose sur la réponse de chaque serveur. Encore faut-il la lire au bon niveau. Un taux global de 96 % peut cacher une messagerie qui décroche. Dans les statistiques, cherchez la ventilation par fournisseur : Gmail, Microsoft, Orange, Yahoo, Free. Une chute localisée chez un seul acteur trahit presque toujours un problème de réputation ou de filtrage chez lui, pas une base abîmée.
Lisez aussi la nature des rejets. Un 5.1.1 relève de la qualité de votre fichier, un 5.7.x d’une politique du destinataire : authentification absente, réputation jugée insuffisante, contenu bloqué. Depuis mai 2025, Microsoft rejette par exemple les expéditeurs de plus de 5 000 messages par jour mal authentifiés avec le code 550 5.7.515.
Postmaster Tools et SNDS, la vue des messageries
Google Postmaster Tools affiche, pour votre domaine d’envoi, le taux de signalement comme spam des utilisateurs Gmail, l’état de votre authentification, les erreurs de livraison et, plus récemment, un statut de conformité aux exigences des expéditeurs en masse. Le seuil à surveiller est connu : Google demande de rester sous 0,10 % de plaintes et considère 0,30 % comme la limite à ne jamais atteindre.
Côté Microsoft, SNDS fournit pour chaque IP d’envoi un indicateur par couleur, vert, jaune ou rouge, le volume de messages et le taux de plainte des utilisateurs Outlook.com et Hotmail, mis à jour quotidiennement. Il faut disposer de ses propres IP pour l’exploiter. Sur une IP mutualisée, vous lisez la santé de tous les expéditeurs qui la partagent, et la vôtre s’y dilue.
Ces deux outils ne donnent pas un taux d’inbox placement. Ils montrent comment les messageries vous perçoivent, ce qui explique en amont une bonne partie des variations de placement. La réputation de votre domaine se lit là, bien avant que les chiffres de campagne ne plongent.
Les tests de placement sur seed list
Une seed list est un jeu d’adresses témoins ouvertes chez les principales messageries. Vous l’ajoutez à votre envoi, et l’outil de test relève où chaque message atterrit. C’est la seule méthode qui produit un chiffre d’inbox placement pour une campagne donnée.
Elle a deux limites qu’on oublie volontiers. Ces boîtes n’ont aucun historique d’engagement, alors que Gmail comme Microsoft pondèrent le filtrage selon le comportement réel de chaque destinataire. Et en B2B, elles ne passent pas par les passerelles de sécurité des entreprises. Complétez-les avec quelques adresses professionnelles réelles, chez vous ou chez des partenaires équipés de Microsoft Defender, de Proofpoint ou de Mimecast : elles vous en apprendront souvent davantage.
Les rapports DMARC agrégés
La balise rua= de votre enregistrement DMARC, définie par la RFC 7489, fait remonter chaque jour des rapports envoyés par les messageries. Ils ne disent rien du placement. En revanche, ils listent toutes les sources qui envoient au nom de votre domaine, et le résultat SPF et DKIM de chacune.
C’est là qu’on découvre le CRM qui expédie ses relances sans signature DKIM, ou l’outil de facturation oublié dans l’enregistrement SPF. Ces flux mal authentifiés pèsent sur la réputation du domaine entier, campagnes comprises.
Le taux d’ouverture, un thermomètre déréglé
Longtemps, on a surveillé la délivrabilité par le taux d’ouverture : une chute brutale signalait un passage en spam. La méthode a perdu beaucoup de sa valeur. Apple Mail représentait 51,5 % des ouvertures mesurées par Litmus en février 2026, et sa protection de la vie privée précharge les images, donc le pixel de suivi, que le message soit lu ou non. Un taux d’ouverture gonflé peut masquer une dégradation réelle du placement.
S’y ajoute un cadre légal nouveau. Depuis la recommandation de la CNIL publiée le 14 avril 2026, le suivi nominatif des ouvertures relève en principe du consentement. La mesure individuelle de la délivrabilité, utilisée pour repérer et retirer les adresses inactives, reste exemptée, à condition de s’en tenir à cet usage.
Gardez l’ouverture comme signal d’appoint, lu par messagerie et comparé à vos propres campagnes précédentes. Les clics, eux, restent un meilleur indicateur, sous réserve des robots des passerelles qui testent les liens avant le destinataire.
Ce qui fait chuter le taux, surtout en B2B
Les causes classiques sont connues, et notre guide délivrabilité email B2B les détaille une à une. Trois d’entre elles pèsent directement sur les deux taux.
L’authentification d’abord. Google, Yahoo puis Microsoft exigent désormais SPF, DKIM et une politique DMARC publiée pour les expéditeurs en masse. Un domaine qui n’est pas en règle se fait d’abord classer en indésirables, puis rejeter.
La qualité de la base ensuite. En B2B, une adresse meurt quand le salarié quitte l’entreprise. Un fichier qui n’a pas servi depuis un an revient donc chargé de hard bounces, et quelques envois de ce type suffisent à dégrader la réputation d’une IP.
La réputation enfin, construite par vos plaintes, votre engagement et la régularité de vos volumes. Un pic d’envoi sur un segment froid la fait basculer en quelques jours.
Le B2B ajoute un filtre que les guides grand public ignorent : la passerelle de sécurité de l’entreprise destinataire. Elle accepte le message, répond au serveur d’envoi qu’il est bien reçu, puis le place en quarantaine selon ses propres règles. Pour votre plateforme, cet email est délivré. Pour votre prospect, il n’existe pas. Des liens raccourcis, un domaine de tracking partagé avec d’autres expéditeurs ou une pièce jointe suffisent parfois à déclencher ce tri silencieux.
Plan d’action : remonter un taux de 80 % vers 99 %
Un taux de délivrabilité de 80 % n’a rien d’une fatalité. Il signale presque toujours un problème précis, qu’on isole en partant du symptôme.
| Symptôme | Où le voir | Action |
|---|---|---|
| Hard bounces en hausse | Rebonds par campagne | Retirer les adresses invalides, vérifier le fichier avant tout import |
| Rejets 5.7.x | Codes SMTP par messagerie | Contrôler SPF, DKIM, alignement DMARC et DNS inverse |
| Plaintes au-dessus de 0,10 % | Postmaster Tools, boucles de rétroaction | Resserrer le ciblage, espacer les envois, désabonnement en un clic |
| Chute chez une seule messagerie | Statistiques ventilées par fournisseur | Réduire le volume chez elle, cibler d’abord les contacts actifs |
| Emails délivrés mais jamais lus | Adresses témoins en entreprise | Revoir les liens, le domaine de tracking, les pièces jointes |
La séquence qui fonctionne suit toujours le même ordre.
- Diagnostiquer par messagerie. Un problème global et un problème local ne se traitent pas de la même façon.
- Nettoyer la base. Sortez les hard bounces et les adresses sans aucune réaction depuis plusieurs mois. Une base plus courte qui répond vaut mieux qu’une base longue qui se plaint.
- Remettre l’authentification d’aplomb. Les rapports DMARC montrent les flux oubliés.
- Reprendre le volume progressivement. Commencez par les contacts les plus engagés, élargissez ensuite, par paliers.
- Contrôler chaque semaine. Postmaster Tools, SNDS et vos statistiques par fournisseur, toujours avec la même règle de calcul.
Pour tenir ce contrôle sans passer une matinée dans des exports, il faut des statistiques lisibles d’emblée. Le reporting campagnes Ediware ventile le taux d’aboutissement, les rebonds durs et temporaires et les plaintes par fournisseur de messagerie, et retire automatiquement les hard bounces de vos listes. Sur des IP dédiées, incluses dès l’offre PRO, les indicateurs de SNDS et de Postmaster Tools reflètent vos seuls envois.
Questions fréquentes sur le taux de délivrabilité
Qu’est-ce qu’un bon taux de délivrabilité ?
Sur une base entretenue, le taux d’acceptation par les serveurs approche 100 % : chaque point perdu correspond à des adresses invalides ou à des rejets. Pour l’inbox placement, EmailToolTester considère 89 % comme un bon résultat et 95 % comme un résultat excellent. Comparez surtout vos campagnes entre elles, messagerie par messagerie.
Comment calculer le taux de délivrabilité d’une campagne ?
Soustrayez les rebonds du nombre d’emails envoyés, divisez par le nombre d’envois, puis multipliez par 100. Avec 10 000 envois et 300 rebonds, le taux atteint 97 %. Faites le calcul une fois les relances des soft bounces terminées, sinon vous comptez comme perdus des messages encore en cours de livraison.
Quelle différence entre délivrance et délivrabilité ?
La délivrance, ou aboutissement, indique que le serveur destinataire a accepté le message. La délivrabilité, au sens strict, désigne son arrivée en boîte de réception. Beaucoup de plateformes affichent un taux de délivrance sous le nom de taux de délivrabilité, d’où des chiffres élevés qui ne garantissent pas la lecture.
Comment savoir si mes emails arrivent en spam ?
Utilisez un test de placement sur seed list, qui relève où atterrit chaque message chez les principales messageries. Complétez avec Google Postmaster Tools pour le taux de plainte, et avec quelques adresses professionnelles réelles protégées par une passerelle de sécurité. Une chute d’ouvertures localisée chez un seul fournisseur donne aussi l’alerte.
Pourquoi mon taux de délivrabilité est bon alors que mes clics baissent ?
Parce que les serveurs peuvent accepter un message puis le classer en spam ou en quarantaine. Votre plateforme le compte comme délivré, le destinataire ne le voit jamais. Vérifiez votre taux de plainte, votre authentification et vos résultats par messagerie avant de remettre en cause le contenu de la campagne.
À quelle fréquence mesurer sa délivrabilité ?
Les rebonds et les rejets se lisent à chaque campagne. Google Postmaster Tools et Microsoft SNDS méritent un coup d’œil hebdomadaire, car une réputation se dégrade progressivement et leurs graphes l’annoncent avant vos statistiques. Réservez les tests de placement complets aux changements importants : nouveau domaine, nouvelle IP, hausse de volume ou baisse inexpliquée.
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